Exploration urbaine

Urbex, une nouvelle notion qui entre aujourd’hui dans le paysage quotidien des jeunes ou des explorateurs les plus expérimentés. Il s’agit, d’un point de vue étymologique, d’un mot abrégé qui vient de l’anglais urban exploration. C’est une activité qui consiste à découvrir des lieux érigés par l’homme, abandonnés pour la plupart au fil des années, qui sont très souvent cachés et difficiles d’accès.

La pratique émerge dans les années 1980. En France, c’est la région parisienne qui donne le top départ (métro, nombreux chantiers, usines, hôpitaux et autres bâtiments abandonnés, toits d’immeubles, monuments, souterrains, etc.) et qui dérive du mouvement de cataphilie. Les pays anglo-saxons jouissent eux aussi d’un large panel d’adeptes et il existe bon nombre de lieux à travers le monde recensés capable d’offrir à l’urbex de belles années encore devant lui.

Urbex versus homme

L’exploration urbaine est un ensemble de pratiques, dont les motivations peuvent être très éloignées. Certains seront portés sur l’aspect historique, l’ancien et l’abandonné. Pour d’autres, ce sera la maîtrise de la ville moderne et de ses coulisses. La photographie et la vidéo sont également une motivation importante. Les groupes se forment bien souvent autour d’une de ces pratiques. En France plus qu’ailleurs, la spécialisation des pratiquants est très forte : certains ne vont que dans les catacombes, d’autres ne font que des toits ou des visites du métro.

Pour ce qui est de la petite référence, je vous conseille d’aller voir deux youtubeurs français et suisse qui se sont spécialisés dans l’exploration de lieu abandonné : Mamytwink pour l’un, et Le Grand JD pour l’autre. Pour aller encore plus loin, et si le sujet vous intrigue et vous fascine, je vous recommande la chasse aux fantômes dans des lieux inhabités grâce au youtubeur Guss DX. Âme sensible s’abstenir.

mamytwink en pleine exploration urbaine

Mamytwink

L’inconnu est un fait et c’est ce qui passionne l’homme depuis qu’il sait marcher, imaginer et retranscrire. Il y a d’abord cette excitation qui monte en nous lorsque l’on se renseigne sur un lieu, puis l’accumulation de données qui vient parfaire notre soif de découverte. Ensuite la décision de partir vers ce site, vouloir le conquérir, connaitre son histoire, son passé, le questionner subjectivement. Et enfin le face à face, cette découverte fulgurante qui nous transporte dès que l’on franchi le premier pas à travers ce site.

C’est un sujet qui me passionne car c’est à la fois une façon de découvrir des choses dans un premier temps, mais aussi une manière de découvrir ses propres limites. Car il faut parfois escalader, franchir des zones interdites d’accès, mettre son scepticisme de côté pour entrer dans des lieux qui avant notre entrée abritaient la vie. Il est toujours intéressant d’apprendre du passé, et d’imaginer comment le site a vécu. Et mettre en image un monument est comme une promesse de le faire vivre à jamais même s’il continu à lentement dépérir. Il en a perdu de sa superbe, mais notre devoir à présent est de le replacer dans son contexte d’une manière contemporaine, l’inscrivant à jamais sur un cliché ou une bande filmique, l’immortalisant pour toujours à l’instant T.

urbex par zoombyanais.c

Urbex à Bordeaux

Ce qu’il faut savoir

Il existe cependant des risques, il ne faut pas les nier.

En France, l’explorateur qui pénètre dans des lieux privés s’expose à un risque légal (pénétration avec ou sans effraction dans le bien d’autrui ; mais cela pourrait aller jusqu’à des accusations d’espionnage ou d’atteinte à la Sûreté de l’État). Cependant bien que clandestine, cette activité n’est prohibée en France que par quelques décrets, arrêtés préfectoraux, ou règlements internes de certaines administrations.

Le cas des Untergunther installant un atelier clandestin dans la coupole du Panthéon, monument protégé, est représentatif de cette absence de textes condamnant la seule intention de pénétrer dans un lieu sans y commettre d’autres actes délictueux. Au niveau pénal, les bâtiments abandonnés sont presque toujours des propriétés privées, mais en revanche, si rien ne vous prouve que le lieu est interdit d’accès, (donc par exemple un panneau) la justice ne peut pas réellement dire quoi que ce soit, à moins que sois commises des dégradations ou bien que cet endroit contienne des données confidentielles.

Les risques physiques liés à cette activité sont de plusieurs natures : chute de l’explorateur ou chute de pierres, effondrements, etc. ; des risques liés à l’eau (inondation subite d’un conduit) ; risques liés aux gaz (absence d’oxygène, présence de gaz toxiques ou d’amiante (CO, CO2, H2S…), risques d’explosion (grisou, poussières). L’exposition à l’amiante dégradé dans certains sites est également à prendre en compte.

Un conseil : ne jamais penser qu’il faut y aller seul, sans prévenir qui que se soit, penser que l’on est invincible et que rien ne peut nous arriver. C’est une activité dangereuse. De plus il faut rester respectueux, garder secret le lieux même si cela nous parait paradoxal. En effet même s’il s’agit d’un site qu’il est possible de visiter, il est essentiel de considérer son intimité pour éviter que des envahisseurs mal-intentionnés pénètrent en ces lieux pour de mauvaises raisons…

Tags : FranceLieux

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